
Dire que le pire reste à venir
Comme tous les matins, vous amenez votre petite princesse à l'école. Dans le vestiaire, vous découvrez un nouveau visage, et il ne vous faut qu'un bref instant pour deviner que vous avez devant vous, le fameux, l'unique : Gaétan
Effectivement, il suffit de voir le comportement des deux filles qui l'entourent (dont votre fille hélas) pour remarquer que vous avez affaire au tombeur de ces dames.
A cinq ans et demi, cela donne déjà un avant goût de comment cela sera dans dix ans :
Leila* et Petite fille rient à gorge déployée sur un fait dont le comique vous dépasse entièrement : «Gaétan a oublié de mettre son écharpe sur son crochet ». L'œil qui frise, elles minaudent en l'appelant pour qu'il revienne. Ce qu'il fait, passablement blasé en roulant les mécaniques (vous montrant par là que même un enfant de six ans sait le faire, cela doit être une histoire de gènes).
La scène est d'autant plus pitoyable que dans leur classe il y a plus de trois garçons pour une fille et qu'il serait tout à fait légitime de s'attendre à ce que la situation soit inversée. Mais non, tant que leurs hormones n'auront pas appelé la cavalerie, ce sont les filles qui courent après les garçons. Alea jacta est.
Vous craignez bien que lorsqu'elles auront quinze ans et demi, vous aurez droit à un spectacle identique ou presque, dans lequel Leila et elle, la bouche en cœur, s'essemaisseront des « il est trop beau. Il m'a regardée, c'était trop génial ou il ne m'a pas regardée, je suis trop dégoûtée ».
Mais ce qui est rassurant, c'est que vous aussi, dans dix ans vous serez la même, celle qui pense très fort : «Qu'est-ce qu'elle peut bien lui trouver ? J'espère quand même qu'il ne va pas roter à table!».
* Prénom fictif, vous tenez à sauvegarder l'honneur de cette jeune damoiselle
Piscine, attention danger!
Oui, la piscine, ce n'est pas encore de saison, mais après ce qu'il vient de vous arriver, vous souhaitez rappeler à tout le monde qu'attention, les lieux d'eaux (et vous ne parlez pas de lieux d'aisances :-D) sont dangereux pour les enfants, en particulier pour ceux qui ne savent pas nager (mais pas qu'eux, il y a aussi, ceux qui présument de leurs forces, dans un lac, à la mer ...)
Voilà, hier, Petit garçon a eu son premier cours de natation. Et comme le laisse présager votre introduction, cela ne s'est pas vraiment bien passé. Mal, très mal même, pour être précise. Et là, vous en êtes encore à vous demander (en boucle) s'il aurait survécu si vous n'aviez pas été présente, les yeux rivés sur votre apprenti noyé nageur. Le doute subsistera toujours.
La monitrice qui donnait le cours a apparemment donné l'instruction (vous étiez trop loin pour entendre) aux enfants de se mettre à l'eau en glissant du bord sur lesquels ils étaient assis et de s'y raccrocher. Et typiquement comme on peut imaginer que cela arrive souvent, l'inconsciente damoiselle s'est concentrée sur les quelques enfants qui étaient déjà dans l'eau et na pas regardé faire les suivants. Votre fils a obéi mais une fois dans l'eau, il n'a pas réussi à rejoindre le bord (incroyable pour quelqu'un qui ne sait pas nager n'est-ce pas ? !!!!). Vous avez vu sa tête disparaître deux fois sous l'eau et vous étiez pétrifiée car vous ne saviez, d'avertir la monitrice ou de courir vous-même quelle était la solution la plus rapide. Votre cerveau a choisi de crier et elle vous a entendue la deuxième fois et a été récupérer votre pauvre fiston.
Vous n'avez pas fait de scène dans l'espoir de ne pas marquer vos enfants davantage * (votre fille regardait le cours avec vous). Vous comprîtes rapidement que votre espoir était tué dans l'œuf quand votre petiote de 5 ans ½ , votre œil de Moscou qui voit-tout-analyse-tout vous sortit : « en fait maman, les parents, quand les enfants qui se noient ne sont pas les leurs, ils s'en fichent ?» (non, mais chacun regarde généralement son propre enfant s'ébattre dans l'eau) et rajouta : « moi je ne veux pas faire de cours ici ».
C'est l'occasion ou jamais de rappeler que selon l'OMS la noyade est la quatrième cause de mortalité, chez les 5-14 ans (la première même chez les garçons de cette tranche d'âge).
* mais vous avez écrit aux organisateurs de ces cours, car en plus de l'inconscience de la monitrice, vous ne comprenez pas que l'on donne le premier cours de débutants là où ils n'ont pas pied.
Joyeux anniversaire maman!
Ça y est c'est officiel, vous avez un an de plus aujourd'hui.
Cet événement fait grandement cogiter votre fiston, qui vous fait cadeau pour l'occasion d'une réflexion des plus agréables :
« En fait, maman, ce n'est pas trop génial de vieillir (c'est pas faux en effet, vous auriez juste peut-être préféré un autre timing pour l'énonciation d'une telle vérité) ».
Et ne souhaitant manifestement pas limiter les dégâts à cette phrase, pensif il rajouta :
« Oui, c'est pas génial, car alors on est bientôt mort ».
Merci, de rien, fallait pas.
Oeuf ou pas oeuf, that's the question
Petit Garçon n'aime pas les œufs (comment peut-on ne pas aimer les œufs? A la coque avec des mouillettes, au plat avec un toast beurré, brouillés, en omelette avec du fromage râpé et du jambon ... Mais c'est un régal, toute la famille (sauf un indiscutablement) adore. A se demander si on ne vous aurait pas échangé votre fils contre un autre à la maternité ;-D)
Alors, bien que vous savez pertinemment que vous ne devriez pas le faire, vous profitez d'une des nombreuses fois où votre anti-œufovore, se projette dans le futur « quand il sera marié avec son amoureuse Léa », pour lui demander comment il fera quand elle lui cuisinera avec amour des bons petits plats qui auront le malheur de contenir des œufs.
Vous avez à peine le temps d'apercevoir une lueur d'hésitation dans les yeux de votre fiston, et celui de vous réjouir « ça y est, il va goûter un œuf, 4-3-2-1-0, attention hip hip » que vous prenez conscience que vous devrez renoncer à énoncer le hourra final car Petite Fille, placide, commente : « De toute façon, Léa est allergique aux œufs. Elle n'a pas le droit d'en manger à la cantine ».
Caramba, encore raté ! Voilà, cela vous apprendra d'utiliser de la psychologie de bas étage.
La loi de la relativité revue et corrigée
Vos enfants discutent ensemble de tout et de rien:
Petite fille déclare : « Inès, notre cousine, et bien, elle a dix-neuf ans »
Petit Garçon incrédule lui rétorque : « mais non, si elle avait dix-neuf ans, elle serait déjà morte ! »
Oui dix-neuf ans, c'est très très vieux.
Votre progéniture pourrait honorablement clôturer la discussion là, mais non, votre petiote ressentant le besoin d'éclairer son frère sur la question de l'âge, ajoute : « mais enfin, tu sais, maman, elle, elle a quarante-trois ans et elle est pas morte* ! »
Votre fiston en resta coi, une si vieille maman, c'est de l'ordre de l'impossible!
* pas encore, mais cela ne saurait tarder, surtout qu'à la fin du mois vous prenez encore une année de plus.









