
Les stratégies d'apprentissage
Les stratégies d'apprentissage sont des processus mentaux qui nous permettent d'atteindre un objectif d'apprentissage ou de produire quelque chose de juste (voir par exemple l'orthographe plus bas).
Voici les trois principales étapes des stratégies :
- la perception : capacité de prendre de l'information extérieure (avec nos sens), de sélectionner l'information selon notre objectif et de la garder en mémoire (pour pouvoir ensuite en faire quelque chose).
- la représentation : capacité de se représenter l'information prise à l'étape 1., ce qui amènera la compréhension.
- l'élaboration : capacité de mettre en relation l'information prise (étape 1) et comprise (étape 2) avec d'autres représentations qui sont dans notre mémoire (= notre connaissance déjà acquise).
Exemple concret avec une dictée en orthographe :
Je dicte cette phrase à un enfant : "Ce matin, il est allé près de la maison où habitent deux gros chiens dangereux." L'enfant doit faire appel aux trois étapes des stratégies :
- au niveau perceptif : l'enfant entend et retient la phrase dictée (perceptif auditif)
- au niveau représentatif : l'enfant se représente le sens (il peut imaginer la scène de la phrase comme "dans un film") et il comprend le sens de cette phrase.
- au niveau de l'élaboration : il doit faire appel à des acquis déjà appris pour orthographier juste (aller chercher en mémoire l'orthographe de chaque mot, accord sujet-verbe, repérage des déterminants, noms et adjectifs pour les accorder ensemble)
Connaître les stratégies d'apprentissage permet de repérer à quel niveau un enfant est en difficulté et ensuite de lui apprendre les processus manquants.
En parallèles, nous trouvons aussi des stratégies (= processus mentaux) spécifiques à chaque matière scolaire (calcul mental, compréhension de textes, grammaire, ...)
Pour celles et ceux qui aimeraient approfondir tout cela, sachez que nous animons chaque année un séminaire pour adultes sur ces fameuses stratégies! Toutes les infos sur www.cartable.ch
A+ !
apprendre à lire (remarques)
Pour faire suite à l'article précédent (dans ce même dossier), voici une série de remarques importantes lors de l'apprentissage de la lecture concernant le niveau 1, c'est-à-dire l'apprentissage des syllabes élémentaires.
Dans l'apprentissage progressif des lettres avec les syllabes, il est important d'apprendre à l'enfant les lettres qui se ressemblent de manière éloignée dans le temps.
Ainsi, on apprendra à l'enfant par exemple le "b" (ba, be, bi, bo, bu, bé). Puis, 6 à 7 autres nouvelles lettres plus tard, on lui apprendra le "d" (da, de, di, do, du, dé).
Si nous agissons ainsi, nous permettons à l'enfant de bien intégrer le "b", de s'entraîner (notamment en lisant des mots avec des "b" et autres syllabes déjà connues) et d'automatiser. Ensuite, lorsque l'enfant apprendra plus tard le "d", il y aura moins de risque de confusion.
Voici la liste "classique" de lettres qui se ressemblent :
- b / d / p / q (avec les enfants dyslexiques notamment, il risque d'y avoir une confusion visuelle)
- v / f (avec certains enfants à troubles perceptifs, il y a confusion de sonorité)
- m / n (cette confusion est plus rare, quoique si l'enfant a des faiblesses perceptives...)
Aussi, pour la rééducation d'enfants "mauvais lecteurs", j'ai constaté dans ma pratique que nous arrivions à plus de progrès en travaillant de cette manière.
A+ !
Silabo : jeu pour apprendre les syllabes
Pour faire suite à l'article de mardi sur l'apprentissage de la lecture, il existe un jeu pour apprendre et jouer avec les syllabes de base : Silabo (que l'on trouve dans toutes les bonnes librairies de Suisse romande).
Pour découvrir le jeu, cliquez ici
Et comme c'est bientôt Noël... ;-)

apprendre à lire (niveau 1)
L'apprentissage de la lecture comporte un certain nombre de niveaux. Dans cet article, je commence par le tout début.
- Tout d'abord, l'enfant apprend les voyelles suivantes : a / e / i / o / u / é
vous pouvez créer des cartes avec des dessins pour aider l'enfant à les mémoriser (par exemple avec le "a" = une bouche grande ouverte, le "e" avec un noeud de ficelle en forme de e, ...). Il est préférable de ne pas introduire le è / ê au début car cela peut créer une confusion chez certains enfants. Et donc une tension dans l'apprentissage. - Une fois que l'enfant connaît ces voyelles, on va lui apprendre progressivement les syllabes élémentaires en créant des pages d'entraînement syllabiques.
Si je commence à apprendre la lettre "m" à un enfant, je vais créer deux exercices rituels. Voir l'exemple en cliquant sur Téléchargement (je conseille pour la création d'exercices la police de caractère "comic sans ms")
- Dès que l'enfant lit aisément le mélange des syllabes (2e exercice), on peut lui apprendre une deuxième lettre, et ainsi de suite.
Il n'y a pas un ordre "vérité" pour l'apprentissage des lettres. Vous pouvez par exemple commencer avec les lettres du prénom de l'enfant. - Parallèlement, l'enfant qui a appris trois lettres peut ensuite commencer à décoder des mots simples.
Par exemple: une fois le "m", le "t, et le "l" appris, vous pouvez créer des petits lotos de mots :
la tomate, la moto, le loto, mémé, ...
Tout bientôt, j'aborderai quelques remarques importantes pour ce niveau 1.
Les perceptions
La perception est une fonction importante puisqu'elle est la base du développement cognitif. Les cinq sens sont des fenêtres ouvertes sur le monde. Les organes sensoriels (les oreilles, les yeux, ...) fournissent au cerveau des informations sur l'environnement. Notre organisme sélectionne, organise et interprète ces informations.
Voici en bref trois étapes interdépendantes qui agissent au niveau des perceptions :
- la sélection : nous recevons plus d'informations que nous pouvons en gérer d'où une première démarche qui consiste à sélectionner celles auxquelles nous prêterons attention. La sélection peut être subjective et engendrer des oublis.
- l'organisation : en même temps que nous sélectionnons les informations reçues, nous les ordonnons de façon logique et personnelle.
- l'interprétation : notre expérience passée, nos croyances, nos connaissances, ... sont des facteurs qui nous font interpréter les informations sélectionnées.
La perception est la première étape de l'apprentissage. Par exemple :
En lecture la perception nous permet de : voir les lettres, les reconnaître, les garder en mémoire, entendre les sons des syllabes, les différencier, ...
En mathématiques elle nous permet de : se repérer dans l'espace, voir la quantité (calcul mental), ...
Certains enfants ont des faiblesses au niveau des perceptions. Quelques exemples de difficultés perceptives :
- l'enfant qui ne trouve pas systématiquement une pièce d'un puzzle, il remue sans regarder et dit:"cette pièce manque" (difficulté de trouver un élément parmi d'autres stimulations visuelles, difficulté au niveau perceptif visuel).
- l'enfant déforme ou interprète le message dit (problème au niveau de la perception auditivo-verbale)
- l'enfant qui a des difficultés dans l'organisation des gestes pour aboutir dans les tâches du quotidien (faiblesse au niveau perceptif tactilokinesthésique).
Cet article avait pour but de vous faire découvrir ce qu'on entend par perceptions (notamment dans l'apprentissage).
Pour les personnes intéressées à apprendre des outils de développement des perceptions, il y a un séminaire qui est organisé sur Fribourg les 13 et 14 mars 2010*. Voir toutes les infos sur http://www.cartable.ch
Bonne suite !
*en plus, c'est ma môman qui anime ce séminaire ;-) Et en plus, elle est chouette ma môman...









